0/Bonjour Lara.
Bonjour.
1/ Quel a été le point de départ, le déclencheur de cet album ?
Une question. Une question très simple posée par ma meilleure amie, un soir tout
simple où on s’échange quelques pates, deux ou trois verres de vin. Elle me dit
« Comment devient-on ce qu’on est dans la vie ? Comment tu crois qu’on arrive enfin à
accepter qu’on est parfaitement imparfait, qu’on a nos limites. Qui nous
accompagne ? ». Je lui ai demandé pourquoi elle me posait cette question. Elle me dit :
« En vieillissant, c’est comme si tu avais accepté certaines fragilités et limites, et je me
demandais comment un jour tu lâches sur une foule de choses pour être juste qui tu
es, pas ce que tu as envie de devenir, ou parce que tu ne supportes pas ce que tu as
pu être, juste ce que tu es ». Je lui ai dit que ce sont les femmes de ma vie qui ont
tout changé, elle par exemple, ma mère, ma grand-mère. J’ai vu des femmes plus
connues qui ont traversé ma vie à différentes périodes de ma vie et qui ont joué un
rôle déterminant, qui m’ont faite. Je peux vraiment dire ça. Ça part de là.
2/ C’est un hommage quasi religieux !
C’est une révérence. Un hommage, un album qui raconte sans vraiment parler de
mes chansons mon histoire. Je ne suis que l’instrument qui sert à restituer à ma
façon des chansons qui sont des monuments, qui sont dans la mémoire collective.
3/ Chaque chanson correspond à une circonstance de votre vie ?
Très précise, oui. C’est pour ça que j’ai écrit des lettres. Ce choix peut paraitre un peu
étrange, il est très éclectique. Il y a des femmes de tous les horizons, avec des
univers musicaux très différents, des personnes très différentes. Pour moi, il y avait
un vrai fil rouge, un vrai lien. Au-delà des éléments que j’ai connotés, qui peuvent être
assis à un moment, une époque de ma vie, pour moi, elles ont toutes un point
commun, cette volonté de ne jamais entrer dans le compromis, d’être ce qu’elles sont
vraiment.
4/ Vous avez fait un ordre chronologique quelque part pour cet album ?
C’est vrai, je n’avais pas réfléchi à ça. Racontez-moi ?
5/ C’est plutôt à vous de me dire comment vous avez accroché. J’avais
l’impression qu’il y avait une histoire qui se tisse au fur et à mesure.
C’est vrai. Chronologiquement, « Mamy Blue » aurait du ouvrir l’album, c’est la
première chanson que je chante, je ne me souviens pas, j’ai 18 mois. C’est ma
maman qui me raconte qu’elle m’avait assise sur la table de la cuisine et pendant
qu’elle me séparait la tête en deux parties parfaitement égales, il parait que je me suis
mise à chanter « Mamy Blue ». J’avais 18 mois, je ne m’en souviens pas. Ensuite,
Nana arrive quand j’avais 7-8 ans, un concert très important aux Beaux Arts, où mes
parents m’y emmènent. Un soir mon père rentre heureux et vaillant avec trois billets
en disant « ça y est, on va voir Nana ». Un moment très précis s’est passé, que
j’explique dans cette lettre que je lui envoie. Je lui explique que non seulement c’était
mon premier concert, la voix que j’écoutais à déclencher la joie du chant et l’envie de
chanter, ma première inspiration d’enfant. En plus, je m’approche de la scène au
mauvais moment, elle a déjà commencé sa chanson, personne ne devrait
l’interrompre. Elle interrompt sa chanson, me soulève du sol, me prend sur scène et
m’embrasse et prend mes fleurs. Je vous jure que c’est tellement vivant dans ma
mémoire que je pourrais vous dire de quelle couleur était mes chaussures, tant je
m’en souviens.
6/ Elles sont dispersées dans l’album ?
Je n’ai pas bâti cet album sur la chronologie de ce qui s’est produit dans ma vie, je l’ai
construit autour d’une harmonie musicale. Je voulais que ça soit un voyage en
musique avant toute chose. Après le récit sera pour mon plaisir de le raconter sur
scène, que je vais bâtir de manière plus théâtrale que pour le chant, pour raconter
cette histoire.
soit
elles composent, mais ce sont surtout des interprètes totalement différentes.
Françoise Hardy, par rapport à Céline Dion ou Dalida… Ces femmes, quel est leur
point commun ?
Pour moi, le point commun de toutes ces femmes, c’est l’authenticité, le fait de n’avoir
jamais joué le jeu d’être autre chose que ce qu’elles sont. Elles défendaient leur point
de vue, peu importe les circonstances, qu’elles soient décriées ou adorées, des
femmes comme Véronique Sanson, particulièrement une femme comme Dalida.
Quand elle est arrivée, on ne s’attendait pas à ces paillettes, ce côté hollywoodien, le
fait qu’une femme puisse sublimer ce dont on en attendait. Elle est allée au-delà, elle
s’est habillée en or et en paillettes, elle a dansé comme peu de femmes le faisaient
avant elle, entourée d’hommes magnifiques. Elle a beaucoup changé le visage de la
variété française. Je dis « variété » au sens le plus noble du terme, puisque
qu’étymologiquement cela veut dire multiplicité, diversité. C’est en ça qu’elles sont
uniques et qu’à mon avis elles ont toutes un point commun, cette volonté de n’être
que ce qu’elles sont, peu importe ce que qui que ce soit en pense.
8/ Il y a celles qu’on idolâtre, on peut parler de Dalida, et celles qui sont très
proches du public.
Françoise Hardy est pour moi très proche. Sinon qui d’autre ?
9/ On a Véronique Sanson, qui a une proximité comme ça, un univers. Elle véhicule
une chanson à la fois dans sa tête, elle est perchée.
Pour moi elle est la quintessence de l’inspiration en tant qu’auteur-compositeur. C’est
vraiment elle qui m’a appris à écrire mes premières chansons. C’est quand je l’ai vue à
cheval sur son piano, comme une amazone, que j’ai eu envie moi aussi de dépasser
mes limites et d’essayer d’écrire des chansons. J’avais toujours en moi cette foule de
silences, de petites blessures, de casseroles qu’un artiste traine, qui font que j’avais
envie d’écrire, mais elle fait partie de ceux qui m’ont permis d’oser.
10/ Il y a celles que vous avez rencontrées, et celles qu’on aurait aimé rencontrer.
C’est un fantasme toujours présent ?
Peut être, en même temps je n’ai pas l’impression que dans le fantasme il y ait une
volonté de magnifier les choses. Quand on parle de quelqu’un comme Barbara ou
comme Edith Piaf, l’oeuvre parle d’elle même. Je suis certaine que ça doit même être
bien en dessous. L’humanité de ces deux femmes, le legs extraordinaire. Elles doivent
être bien en dessus de ce qu’on en dit. Humainement, elles doivent être bien au-delà.
11/ C’est quasi religieux. Quand on prend « L’Hymne à l’amour », avec ce côté
gospel, il y a de ça ?
Oui, pourquoi j’ai pris de la musique noire, gospel, Rythm&Blues ? Parce que c’est
l’origine de la musique dans la souffrance. C’est une musique qui traduit la souffrance
mieux que n’importe quoi. C’est le gospel. Cette musique est issue d’un cri de
désespoir, d’une volonté de se rassurer, de se bercer un peu au travers d’un destin
extrêmement difficile. Si Edith Piaf vivait aujourd’hui, elle chanterait du Rythm&Blues.
Elle chanterait de la soul, du gospel parce que c’est la musique qui transcende le
mieux la souffrance, et que c’était une femme faite de souffrance. Je pense que c’était
son moteur d’ailleurs.
12/ Est-ce que ces chansons n’ont pas justement le point commun le fait qu’il faut
avoir vécu pour les interpréter ? Il n’y a pas de ça ?
C’est peut être à l’aube de mes 40 ans, en ayant vécu un certain nombre de choses,
que je peux avoir le sentiment de les restituer avec une part de mon histoire à moi,
même si cet album c’est Lara Crokaert qui l’a fait, et non pas celle que vous
connaissez et qui a la carrière qu’elle a, quelle qu’elle soit. C’est l’enfant, la jeune
femme ou l’ado qui regardent ces femmes comme étant les prêtresses qui lui ont
donné envie. Pour moi c’est ça. Quand j’ai compilé cette liste de femmes et de
chansons, j’ai voulu me souvenir « Qu’est-ce qui m’a donné envie de faire ce métier,
d’écrire ma première chanson, j’ai versé des larmes, j’ai voulu continuer malgré tout ».
Je trouvais l’inspiration même à bout de force. Elles sont ça. C’est un grand merci en
réalité.
13/ Est-ce qu’il y avait une pression particulière dans le sens où ces
interprétations ont marqué le temps ? On arrive là, il ne faut pas trahir le propos
mais se l’approprier ?
Exactement, ne pas trahir le propos, se l’approprier, en ça il peut y avoir une
dichotomie étrange, ça peut être compliqué à réaliser. Ce que j’ai fait pour ça, pour
m’éviter le problème « gardien du temple », puriste, j’ai pris un garçon qui n’est pas
Français, qui n’a pas vécu avec cette mémoire collective et qui n’avait pas l’impression
d’entrer dans du sacré quand il les a remaniées. C’est un Anglais qui n’était pas
familier avec ce répertoire même s’il connaissait bien sûr Piaf ou Véronique Sanson. Il
m’a dit « Pour moi ce sont de grandes chansons que tu as choisies et je vais essayer
de restituer avec le plus de modernisme, de vision de notre époque, ce que ces
chansons auraient pu être si on les avait écrites et produites aujourd’hui ». C’est
comme ça qu’on est parti. Ce mec s’appelle Simon Climie et c’est un garçon qui a
produit des albums formidables, pour Eric Clapton, Aretha Franklin, Michael
McDonald, Eternal … Il a vraiment fait des choses un peu spéciales. Quand il a affaire
à quelqu’un pour les violons, il travaille avec la même personne pour tous les violons
de Massive Attack. Il a vraiment une vision très moderne de la musique, quelque soit
l’endroit où on la transpose. Pour lui, prendre Göttingen et la rendre lounge, presque
hip hop, ce n’est pas un problème, il ne s’est pas demandé s’il allait commettre un
impair. Il a tenté de traduire avec ce scénario musical ce qu’il a ressenti dans les
fibres de la musique de cette chanson, sans comprendre vraiment le texte. A chaque
fois il me demandait « Lara, qu’est-ce que ça veut dire ? Dans quelles circonstances
elle les a écrites, pourquoi ? ». On a eu des conversations formidables, qui nous ont
permis de tailler la musique sur mesure, en sachant qu’on est en 2009 et que pour
moi le code d’appel, là où j’ai été intransigeante, c’est que ça devait être urbain et
gospel. C’est de la musique noire aujourd’hui, où de grandes femmes et de grandes
chansons existent. Pour revenir au dossier « puriste », qui est un peu chaud, si on
regarde Gilda, c’est une femme absolument splendide. Si cette femme était née
aujourd’hui, si elle avait 25-30 ans aujourd’hui, elle ferait partie des canons de beauté
quoiqu’il en soit, elle serait née avec les mêmes traits, la même mensuration et la
même flamboyance, le même charisme. Sauf qu’elle serait habillée en Dolce &
Gabbana haute couture et peut être pas avec les robes qu’on faisait à l’époque pour
ces femmes là. Mais ça serait toujours encore une sublime femme. Ces chansons me
font penser à ça, à de sublimes femmes qui ont trouvé un nouveau couturier en la
personne de Simon Climie et tout à fait humblement un instrument qui les restitue
comme je l’ai fait avec ma voix.
14/ Est-ce que Simon Climie a saisi le côté intemporel de ces chansons, lui qui est
anglo-saxon ? Il a senti pourquoi c’était des chansons importantes ?
Bien sûr. Un Américain aurait peut être eu plus de mal mais un Britannique, qui a
inventé la pop, les Beatles, les Rolling Stones et j’en passe, ces gens ont une
conscience de la densité musicale infiniment supérieure à celle des Américains. Je ne
suis pas certaine qu’un Américain aurait pu le faire. Mais un anglophone Européen
avait plus de chance de comprendre le sens intemporel de ces mélodies. C’est la
première chose qu’il m’a dite. Par exemple, après voir écouté « Il venait d’avoir 18
ans », il me dit « La structure mélodique est insensée, c’est une des plus grandes
chansons que je n’ai jamais vue ». Pour lui, cette structure harmonique était de l’ordre
du divin. On a avancé comme ça, en vivant avec énormément de plaisir la
redécouverte de ces chansons, dans un monde qu’on peut étiqueter de 2009.
15/ Est-ce que vous vous êtes préparée particulièrement dans l’idée de se mettre
dans un cocon, on a cette idée quand on écoute l’album ? Est-ce que vous vous
êtes mis dans une circonstance particulière pour enregistrer ces chansons ?
C’est amusant que vous me disiez ça parce qu’on n’est pas sorti d’un endroit précis,
qui est chez lui, dont je ne peux pas vraiment en parler. Mais c’était une maison, avec
à l’intérieur un studio, dans un endroit unique duquel on n’est jamais sorti pendant
trois mois. Si vous l’avez ressenti, c’est drôle. Il faut être très sensible pour ça. Il a
voyagé, a été à L.A pour certaines choses, à Londres pour d’autres mais lui et moi
pendant qu’on élaborait ces chansons là, n’avons jamais bougé du même endroit, et
on était très bien.
16/ Cette lettre pour chacune, c’est la suite de cet hommage mais en explication,
plus comme une déclaration d’amour !
Oui, c’est plus une façon de dire à quel point je les respecte, je les admire, je les aime.
C’était aussi une manière de raconter l’évènement, ou l’élément déclencheur. Ces
lettres au départ leur étaient destinées exclusivement. Elles ne devaient pas figurer
sur la pochette de l’album. Et tout le monde m’a dit « C’est bête Lara, elles racontent
tellement bien l’histoire ». Une fois qu’on lit, on comprend pourquoi. Donc elles ont fait
l’objet du recueil, à la place du recueil de textes, il y a un recueil de lettres.
17/ Vous avez composé et écrit une chanson qui vient faire le lien de toutes ces
reprises ?
C’est un peu le corolaire, une ode à la femme sans féminisme aucun. C’est une façon
de dire à tout le monde, un peu en filigrane, à quel point la femme a une place dans la
société qui est à la fois à protéger et à encourager. Si je dis ça, ce n’est pas parce
que nous n’avons pas la place aujourd’hui que nous devrions avoir. On l’a bien prise,
tellement prise que parfois on a fait peur aux hommes, mais pour la plupart on s’est
embourbée dans d’autres carcans, d’autres prisons comme le féminisme, qui je pense
nous a fait beaucoup de mal. Mais j’ai le sentiment qu’on ne mesure pas toujours
l’importance de cette mise au monde de l’humanité au travers d’une femme. Parfois,
c’est un peu pris pour acquis comme dans l’amour. Je pense qu’une femme est un
être rempli de clémence et de tolérance, doté d’une faculté de pardon extraordinaire,
et qui je vous l’accorde peut être très tordu, très compliqué. Un homme se perd dans
ce dédale de pensées. Cette chanson est une ode à cet aspect de sa personnalité, un
peu divin, un peu particulier.
18/ Dieu est une femme ?
C’est presque ça. Je le dis, « Dieu est une femme c’est sûr ». Mais si vous avez écouté
le reste, je dis « Dieu est une femme c’est sûr, elle nous pardonnera ». En fait, dans
ma façon de le dire, il y a presque une question. Parce qu’il y a quand même une foule
de choses presque impardonnables qu’on se fait les uns les autres que seule une
femme, qui a mis au monde cet humain qui génère cet acte, peut pardonner. C’est en
ce sens que je pose la question, je ne le déclame pas. Je ne l’affirme pas, je pose la
question.
19/ Au-delà de cet album, tout un spectacle est né.
Ce sont les prémisses, la naissance de ce moment où l’on s’assied avec la liste de
chansons, une partie de cette collection existe en anglais, en italien et en espagnol.
C’est ma triple culture qui veut ça, je suis née d’une maman italienne et d’un papa
belge. Mon grand père était américain. Je suis née en vivant en permanence avec ces
trois là, l’italien, le français et l’anglais. J’ai été baignée dans cette musique. A
l’intérieur de ce spectacle, on retrouvera ces trois langues, qui rendent hommage à
ces femmes de toutes ces cultures. Certaines de mes chansons existent parce que
ces autres femmes et ces autres chansons existent. Et deux trois clins d’oeil à mon
enfance, parce que j’avais vraiment envie de retomber en enfance l’espace d’une
dizaine de minutes. Je fais un énorme clin d’oeil à mon enfance dans ce spectacle.
C’est un spectacle qui se veut plus théâtral qu’un alignement de chansons, et on
emploiera une technologie très particulière pour faire revivre des êtres qui ne sont
plus forcément avec nous ou qui auraient envie d’être sur scène mais qui ne peuvent
pas partir en tournée. Il y aura des moments d’image assez forts, qui raconteront
l’histoire bien mieux qui moi. Une image vaut mille mots.
20/ Que ce soit en Italie ou aux Etats-Unis, l’idée est de transporter cette
culture ?
C’est ça, l’idée est de traduire cette culture, de la transporter un peu. On l’a vu avec le
film de Dahan, Piaf est devenue presque culte aux Etats-Unis du jour au lendemain,
alors qu’on n’en avait que quelques effluves de « La vie en rose » et de ce qu’elle avait
laissé comme histoire d’amour avec Cerdan. Le pouvoir de l’amour avait traversé
l’océan et était resté dans l’esprit des gens. L’idée avec cet album est de faire
connaitre à d’autres peuples et cultures ce legs extraordinaire que représentent
toutes ces femmes.
21/ Vous qui avez voyagé, qui avait chanté en anglais, le français va au delà de
l’exotisme. Qu’est-ce qui peut plaire à ce point ? Il y a quand même une
connaissance de la chanson française depuis Gainsbourg, des gens qui se sont
retrouvés au Japon, et qui sont moins connus en France. Comment peut-on
expliquer cet amour pour cette langue ?
Je crois que c’est une affaire de contenu, d’une part, même s’ils ne le comprennent
pas. Une affaire de richesse intrinsèque, on n’a pas besoin de comprendre, c’est un
peu comme l’opéra. C’est ce sentiment que j’ai, et à la fois un sentiment de légèreté.
Ce que le français amène d’exotique pour eux, qui ne l’est plus pour nous, c’est quand
ils voyaient débarquer une Dalida avec ses robes or et ses cheveux flamboyants, ou
une Piaf avec les points serrés, ce visage rempli de souffrance qui traduisait en même
temps l’espoir, je pense que ça les faisait rêver. Cela les sortaient de ce côté étudié,
aseptisé. C’est l’authenticité, qui se ballade entre contenu et légèreté, qui fait que les
Français sont à ce point plébiscités à l’extérieur.
22/ Est-ce qu’à votre tour, vous qui parlez de passeuse, vous vous sentez une
passeuse et si oui de quel ordre ? Maintenant que vous avez ce contact avec les
gens, ça fait quinze ans…
Je suis trop petite encore. Vraiment, je le dis comme le dirait une enfant, comme
pourrait le dire une petite fille en regardant sa mère. « Tu sais je suis trop petite
maman ». Je suis vraiment trop petite.
23/ En quoi seriez-vous une passeuse ?
Si je devais l’être un jour, je pense dans ce qui les unit toutes, cette volonté de n’être
que moi, même si ce n’est qu’être parfaitement imparfaite. C’est accepter nos limites
tout en les sublimant parce qu’on a la détermination ou la foi de les sublimer. J’ai une
foi immense en la vie. J’ai un soleil qui me précède tous les jours. Ce n’est pas juste
être positif pour être positif. Ce n’est pas l’aspect « surfaciel » de l’enthousiasme. C’est
vraiment un enthousiasme profond pour la vie parce que je pense que c’est la plus
belle chose qui nous est donnée. Le bonheur doit être un devoir. C’est une action et
non pas un accident. Le bonheur, il faut en faire un peu tous les jours. Si je devais
résumer, si je pouvais être passeuse de bonheur un petit peu tous les jours vers les
autres, ça serait la plus grande réussite de ma vie.
24/ Rendez-vous sur scène pour un grand bonheur !
Je l’espère. A partir du 7, 8, 9 octobre au Zénith.
25/ Merci Lara.
C’est moi qui vous remercie.